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29 août 2018

Les policiers s’entrainent-ils assez au tir?

Question orale de Madame Nawal Ben Hamou, députée fédérale, à Monsieur Jan Jambon, Ministre de l’Intérieur,  au sujet des entrainements au tir des policiers

Monsieur le Ministre,

Je reviens une fois de plus vers vous par rapport à la problématique des entrainements au tir pour nos policiers. Malgré le fait qu’il n’existe pas assez de centres pour permettre à nos policiers de se former, un autre problème est à relever: les policiers n’ont tout simplement pas assez de temps pour s’entrainer au tir.

En effet, le sous-effectif les empêche de se dégager du temps pour s’entrainer à tirer. Les missions se faisant toujours plus nombreuses et plus importantes, les policiers ne peuvent tout simplement pas inclure des entrainements au tir pendant leur journée de travail. Il s’avère également que cette problématique ne touche pas uniquement la formation au tir, mais également d’autres formations comme celle à la conduite.

Il s’agit donc bien d’un problème endémique qui touche toute les fonctions de la police. Pourtant, des policiers bien formés sont des policiers plus efficaces sur le terrain et donc plus à même de protéger les citoyens. Il est donc essentiel qu’il puissent avoir du temps pour s’entrainer à toutes les formations nécessaires. La solution reste, je vous le répète assez souvent, l’engagement de nouveaux policiers…

Monsieur le Ministre, voici mes questions

  • combien de formations sont organisées et disponibles pour les policiers?
  • Combien de policiers s’y sont inscrits? Et combien s’y sont effectivement présentés?
  • D’autre part, pouvez-vous me détailler combien d’heure de formations effectives on comptabilisait par policier en 2017 et dans quel(s) domaine(s)?
  • Au niveau du tir, combien d’heures d’entrainement sont recommandées afin d’avoir une maitrise optimale d’une arme à feu?

Je vous remercie pour vos réponses

 

REPONSE DU MINISTRE

Question 1

Le nombre de formations n’est pas figé et peut toujours évoluer en fonction notamment des demandes et des besoins. Pour l’année 2017, on recense 891 thèmes de formations qui ont été organisées par les différentes écoles de police. Selon les thèmes, un nombre plus ou moins important de sessions (allant de 1 à 236) de ces formations ont eu lieu.  On aboutit alors à un total de 5084 sessions de formations organisées. Ce total regroupe les différents thèmes et domaines mais ne comprend pas ce qui est considéré comme entraînement continu.

Question 2

Compte tenu de l’ampleur de la question et de ce grand nombre de sessions, il n’est pas possible de récapituler ce point. Pour des raisons diverses, il arrive bien entendu que des policiers se désistent d’une session de formation. Dans ce cas, ils se voient en général inscrits à une session ultérieure. Au total, on recense 67.241 participants aux diverses formations pour l’année 2017.

Question 3

Les chiffres que j’ai mentionnés se traduisent par un total de 187.637 heures de sessions de formations qui ont été effectivement organisées en 2017. Les domaines concernés relèvent de la police judiciaire, de la police administrative, de la circulation routière, de la maîtrise de la violence, de l’informatique ou encore du management et de l’appui à la gestion. Ici encore, compte tenu de l’ampleur du sujet et de l’importance de ce chiffre, il n’est pas possible d’apporter une réponse détaillée à cette question.

Je souhaite toutefois souligner que le statut des policiers prévoit, au travers des conditions requises dans le cadre de la carrière barémique,  une obligation de suivi de formation de manière continue. Il s’agit d’une obligation de suivre un minimum de 48 heures de formation (continuée) par période de 6 ans avant d’être autorisé à transférer à une échelle de rémunération plus élevée.

Question 4

Au niveau du tir, les prescriptions à suivre sont (toujours) celles reprises dans  la circulaire GPI 48 du 17 mars 2006 relative à la formation et à l’entraînement en maîtrise de la violence des membres du personnel du cadre opérationnel. Elle prévoit que l’entrainement des membres du cadre opérationnel qui exercent une fonction opérationnelle compte, par période de 12 mois, au minimum 4 sessions (de 4 heures) ainsi qu’une session consacrée à l’évaluation. L’entrainement des membres du cadre opérationnel qui n’exercent pas une fonction opérationnelle, et qui sont encore en possession de leur arme de service, compte au minimum une session par an comprenant une évaluation certificative. Je rappelle qu’il relève de la responsabilité des autorités compétentes  (chefs de corps, directeurs) de veiller à la bonne application et au suivi de ces directives.