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29 août 2018

Les policiers font-ils suffisemment de sport?

Question orale de Madame Nawal Ben Hamou, députée fédérale, à Monsieur Jan Jambon, Ministre de l’Intérieur, au sujet de la pratique du sport dans la police

Monsieur le Ministre,

Je reviens une fois de plus vers vous concernant la pratique du sport chez les policiers. En effet, il s’avère que beaucoup de policiers accusent une réelle surcharge pondérale. Il est évident qu’au delà de leur propre santé, le surpoids peut avoir de réelles conséquences sur leur capacité de travail et in fine sur la sécurité des citoyens.

Ce surpoids s’explique notamment par une alimentation qui ne serait pas des plus saines. En effet, même si l’alimentation des policiers doit être gérée dans leur privé, il s’avère que les horaires de travail ne leur permettent pas de s’alimenter correctement. Quand un policier travaille jusque minuit et reprend le lendemain à cinq heures du matin, il n’a pas le temps de se cuisiner un plat consistant mais sain, il préfèrera sans doute manger quelque chose de rapide et souvent pas très bon pour la santé.

Au delà de l’alimentation, la pratique du sport reste un problème: les séances d’entrainement manquent et les policiers n’ont pas le temps de s’entrainer en dehors de leurs heures de travail. Ils devraient donc pouvoir avoir accès à des entrainements durant leur service. Mais malheureusement, le problème reste toujours le même, le manque de personnel et les taches qui se multiplient empêchent les policiers de se dégager du temps pour pratiquer une activité physique.

Monsieur le Ministre, les policiers doivent absolument être en bonne santé afin de pouvoir être efficaces dans leur travail, il en va de la sécurité de tous.

Voici donc mes questions,

 

  • Qu’en est-il de la pratique du sport chez les policiers? Combien d’entrainements par semaine sont requis afin qu’ils restent en bonne forme physique?
  • Allez-vous instaurer un entrainement obligatoire pour les policiers?
  • Serait-il envisageable de permettre aux policiers d’aller consulter un diététicien pour leur donner les bases d’une alimentation saine?

 

Je vous remercie pour vos réponses

 

REPONSE DU MINISTRE

Question 1:

Chère collègue, en réponse à votre première question, je vous renvoie à ma réponse à la question orale n°24127 posée par vous-même et répondue en Commission du 7 mars 2018. Je ne puis aujourd’hui vous fournir beaucoup d’autres éléments de réponse que ceux qui vous ont été précédemment donnés. Je vous en rappelle néanmoins le contenu ci-dessous.  

Les activités sportives qui ne sont pas prescrites par l’autorité sont pratiquées en dehors des heures de service. L’autorité de tutelle tient cependant à stimuler la pratique du sport. Le Service interne de prévention et de protection au travail (SIPP), qui relève de la commissaire générale (CGWB) de la police fédérale, souligne par tous les canaux disponibles l’importance du sport et de l’alimentation saine pour maintenir la forme physique de tous les membres du personnel. Il rappelle en outre que s’il est vrai que l’employeur est responsable du bien-être de son personnel et donc de sa santé, il est aussi de la responsabilité de chacun de rester en forme. Chaque année, l’ASBL « Fédération Sportive de la Police Belge » (FSPB) reçoit de la police fédérale un subside – je cite l’arrêté royal – « à titre d’intervention dans les frais qu’elle supporte pour son fonctionnement, la promotion du sport, l’organisation de tournois et la participation à un nombre de rencontres sportives internationales ». Ce montant s’élève à 8000 Euros depuis 2014 et n’a donc pas changé depuis mon arrivée.

Il appartient également à l’autorité responsable – en tenant compte des besoins du service, de la disponibilité du personnel, de la disponibilité de véhicules de service et de l’espace budgétaire – de stimuler et de faciliter de telles activités en organisant un horaire de service adapté, en prévoyant un abonnement, etc.. De même, la participation à une compétition sort également du cadre des activités rémunérées, mais peut être encouragée à titre de relations publiques – les exemples, relayés par la presse, sont nombreux. Une comptabilisation forfaitaire des heures de service est alors possible, avec l’accord de l’autorité responsable.

Chaque mandataire est donc libre d’encourager la pratique du sport, et même d’octroyer pour ce faire quelques heures de service. Les infrastructures sportives de la police fédérale servent avant tout aux activités prescrites par l’autorité.

Elles peuvent être mises à disposition des policiers pour un entraînement privé lorsque la chose est possible, et ainsi leur éviter de devoir payer un abonnement externe.

Question 2

Les activités sportives prescrites par l’autorité, se divisent en activités de formation, liées à la maîtrise de la violence, et entraînements fonctionnels, liés à la préparation de missions opérationnelles. Elles sont comptabilisées comme heures de service. En effet, les aptitudes physique de contraintes représentent deux des quatre piliers de la maîtrise de la violence (avec et sans arme) qui fait l’objet de la circulaire GPI 48.

Les membres du cadre opérationnel sont tenus, conformément à la GPI48, de suivre un nombre minimum de session suivant leur niveau. Les membres du cadre opérationnel dits « niveau de base de la GPI48 » (non qualifiés ni spécialisés) ne sont tenus à suivre des formations continuées en maîtrise de la violence qu’en fonction des besoins spécifiques (nouvelles techniques policières, utilisation de nouveaux moyens,…).

Les membres du cadre opérationnel dits « niveau qualifié » ont, quant à eux, un besoin bien précis en techniques particulières de contrainte et/ou en armes particulières. Ces besoins sont couverts par des formations fonctionnelles. Celles-ci déterminent, en accord avec les autorisations ministérielles liées pour les armements particuliers, les éventuels recyclages et entraînements obligatoires pour conserver les brevets octroyés.

Question 3

La cellule bien-être du CG (CGWB) travaille actuellement sur la prévention. En effet, dans le cadre d’un projet en cours sur le thème de l’absentéisme, le service insiste sur l’importance de s’atteler de manière proactive à la problématique pour éviter l’absentéisme plutôt que d’y remédier en maintenant le personnel en santé notamment par une pratique sportive plus intense.

Bien que l’IMC (Indice de masse corporelle) soit un des critères médicaux examiné par les médecins du service du recrutement et de la sélection, celui-ci ceci n’est pas pris en compte par CGWB dans le cadre de ce projet. La réduction de poids sera néanmoins conseillée par le médecin du travail, lors de son examen annuel. De même la visite chez un diététicien ne peut être imposé au membre du personnel car il s’agit d’une action individuelle.