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11 juillet 2018

L’accès à la péridurale est-il toujours garanti?

Question orale de Madame Nawal Ben Hamou, Députée Fédérale, adressée à Madame Maggie De Block, Ministre des Affaires Sociales et de la Santé Publique, à propos de l’accès à la péridurale dans les hôpitaux.

Madame la Ministre,

Avec la médecine actuelle, les patients ont accès à des médicaments et des techniques qui peuvent alléger considérablement leur souffrance. Et il semble tout naturel d’y avoir recours quand le besoin s’en fait sentir. Or, il me revient que, dans certains cas, l’accès à ces technologies ne soient pas garanti.  

On me signale par exemple, et cela dans plusieurs hôpitaux, que dans le cas « d’accouchements déclenchés » pour raisons médicales, l’entrée en chambre se fait souvent la veille de la date du déclenchement, tard dans la soirée. Au cours de cette soirée, la patience reçoit une hormone artificielle qui permet de lancer le travail. Or, il s’avère que durant la nuit, il leur est impossible de faire appel à un anesthésiste afin de bénéficier d’une péridurale. Les femmes en sont averties à leur entrée en chambre, et doivent s’en accommoder quoi qu’il arrive.

Mes questions sont les suivantes :

  • Etes-vous au courant de cette pratique ? Concerne-t-elle l’ensemble des hôpitaux ? Comment justifier ce manque d’accès à une technique telle que la péridurale ?
  • S’agit-il d’une disposition officielle qui figurerait dans les règlements d’ordre intérieur des établissements ?
  • D’autres cas de non-accès à ce type de techniques médicales sont-ils tolérés ?

Merci, Madame la Ministre, pour vos réponses.

 

Maggie de Block, Ministre de la Santé: Votre demande de disponibilité d’un médecin spécialisé en anesthésie -réanimation pour les maternités est très pertinente. Je vous informe que l’arrêté royal du 23 octobre 1964 précise clairement que la maternité d’un hôpital doit pouvoir recourir, en tout temps, à un médecin anesthésiste. Ceci figure en toutes lettres dans les normes d’agrément. Ces normes pour les services hospitaliers et le contrôle du respect y afférent relèvent de la compétences des communautés. Il vous est donc loisible de vous adresser à elles pour cette question.

Vous notez à juste titre qu’une aussi mauvaise organisation du service est contraire à l’esprit de la loi sur les droits des patients, à savoir son droit à recevoir des soins de qualité y compris, un traitement de la douleur. Les patients peuvent s’adresser au service de médiation pour aborder cette problématique. Il est également possible de déposer plainte auprès de l’ordre des médecins, étant donné que les médecins sont déontologiquement tenus de prodiguer les meilleurs soins en toutes circonstances. Je tiens également à souligner que dans une relation thérapeutique, le médecin est tenu d’informer à temps la future maman des différentes options thérapeutiques qui s’offrent à elle dans le cadre d’un accouchement.