Close

4 juillet 2018

La paracétamol est-il dangereux pour la santé?

Question de Madame Nawal Ben Hamou, députée fédérale, à Madame Maggie de Block, Ministre de la santé au sujet des dangers du paracétamol

Madame la Ministre,

Récemment, une jeune femme a dû subir une greffe de foie à cause d’un excès de paracétamol. Après avoir pris huit pilules pendant deux semaines pour un mal de dent, ses jours étaient en danger et seule une greffe a pu la sauver.  Selon des médecins, cette situation serait assez courante et se présenterait même tous les mois : soit suite à la prise de mauvaises doses d’antidouleurs soit suite à des tentatives de suicide.

En plus du foie, le paracétamol à trop haute dose peut provoquer une insuffisance hépatique et rénale.

La dose normale pour une personne de 70kg et en bonne serait de 4 grammes maximum par jour.

De plus, à côté du paracétamol, les anti-inflammatoires peuvent également provoquer des effets secondaires comme des hémorragies gastriques, de l’intestin et du colon. Tous ces médicaments peuvent donc avoir des conséquences graves, voire dramatiques, pour le corps.

Pourtant l’habitude est assez commune de prendre rapidement un ou plusieurs antidouleurs pour se soulager sans aller consulter un médecin.

Madame la ministre,

Comment alerter la population aux risques liés à une surdose de paracétamol et d’autres anti-inflammatoires ? Une campagne de sensibilisation est-elle envisageable ? Les pharmaciens indiquent-ils systématiquement les effets secondaires de tels produits ? Une étude a-t-elle déjà réalisée pour s’en assurer ? La mise sous prescription de ce type de produits est-elle envisagée ? Existe-t-il des antidouleurs sans aucun risque pour la santé ?

 

Réponse de Maggie de Block, Ministre de la Santé: En réponse à vos questions, le paracétamol est indiqué dans le traitement symptomatique de la douleur et de la fièvre. Le paracétamol est souvent le premier antidouleur envisagé car, bien utilisé, il est généralement bien toléré.

Les alternatives médicamenteuses pour la douleur légère à modérée sont les anti-inflammatoires non stéroïdiens dont les principaux effets indésirables sont des troubles gastro-intestinaux et lésions de type: ulcération, hémorragie, perforation.

Comme tous les médicaments, le paracétamol fait l’objet d’une surveillance continue par la division Vigilance de l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) dans le cadre de ses activités de détection de signaux de pharmacovigilance.

L’AFMPS a publié sur son site web en juillet 2014 des lignes directrices concernant les médicaments contenant du paracétamol. Les titulaires d’autorisation ont été invités à mettre à jour les Résumés des Caractéristiques du Produit (RCP) et les notices de ces médicaments.

L’AFMPS a mis en place une campagne d’information en 2011 « Un médicament n’est pas un bonbon ». Parmi les messages clés de cette campagne, l’un concerne l’utilisation des antidouleurs en automédication.

Sur son site internet, le Centre Antipoisons a dédié une page d’information sur le paracétamol, son bon usage et précautions d’emploi.

Le Centre Belge d’Information Pharmacothérapeutique (CBIP) a publié en février 2018 un article dans les Folia Pharmacotherapeutica informant du risque particulier d’intoxication accidentelle au paracétamol et ce, plus spécialement chez les patients souffrant de douleurs dentaires.

Il est important de rappeler le rôle essentiel de conseil du pharmacien pour un bon usage du médicament, surtout lorsque celui-ci est disponible en délivrance libre comme c’est le cas pour le paracétamol. Nous n’avons pas à notre disposition d’étude concernant l’information transmise au patient lors de la délivrance du paracétamol en Belgique.