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27 juin 2018

Comment lutter contre le burn-out des policiers?

Question orale de Madame Nawal BENHAMOU, Députée, à M. Jan JAMBON, Ministre de l’Intérieur, concernant la lutte contre le burn-out au sein de la police.

Monsieur le Ministre,

En ce début mai, votre collègue en charge de la Santé à annoncé que le plan fédéral de lutte contre le Burn-out (syndrôme d’épuisement professionnel) ferait l’objet d’une expérience pilote, notamment dans le secteur bancaire et les hopitaux.  

Je me réjouis bien sûr de ce que le Gouvernement avance, à pas feutré, vers une forme reconnaissance de cette véritable maladie professionnelle. Je suis toute fois surpris que ce plan n’envisage pas la police comme le lieu d’une telle expérience pilote.

Je vous ai déjà interrogé il y a un certain temps sur l’état des services de prévention au travail au sein de la police, notamment au niveau des stress teams.

Il me semble que les déclarations de votre collègue doivent nous amener à revenir sur ce dossier.

Lors de notre dernier échange sur le sujet, vous me répondiez que « Entre le 1er janvier 2016 et le 1er mai 2017, 4442 consultations de suivi ont été prestées par le stressteam dont 479 au profit de la police locale.

Parmi ces consultations, le stressteam a recensé 472 cas de burnout au sein de la police fédérale et 33 au sein de la police locale et 91 dépressions à la police fédérale et 4 à la police locale. Je tiens toutefois à préciser que ces chiffres ne sont pas représentatifs en ce qui concerne la police locale car ces données ne sont pas centralisées ».

On le voit, il ne s’agit donc pas d’un problème mineur.

A la même date, vous me signaliez également que le cadre du service psychosocial du Service Interne pour la Prévention et la Protection au Travail prévoit 8 ETP (donc 5 effectivement engagés) et que le stressteam comportait quant à lui 17 ETP sur un cadre organique prévoyant 21 agents. Vous êtiez d’avis que le cadre était suffisant.

Mes questions sont les suivantes :

  • Depuis le 1er mai 2017, combien de consultations ont-elles été prestées par ces deux services ? Combien de cas de burnout ou de dépression ont-ils été détectés au cours de celles-ci ?
  • Depuis votre dernière réponse, le cadre de ces services a-t-il été rempli ? Si oui, de quelle manière ? Si non, pourquoi ?
  • Au regard des chiffres inquiétants que vous me donniez déjà l’année dernière, quelles mesures avez-vous ou comptez-vous mettre en place pour prévenir le burn out et la dépression au sein des forces de police ?

Je vous remercie pour vos réponses.

 

Jan Jambon, Ministre:Cher Collègue, en réponse à votre première question je puis vous informer qu’au niveau du Service de Prévention Psychosocial de la police fédérale, 159 interventions individuelles ont été recensées dont 2 interventions formelles, et ce, entre le 1er mai 2017 et le 1er mai 2018. D’éventuelles données concernant le burn-out et la dépression ne sont pas disponibles.

Ce service intervient uniquement pour la police fédérale, comme la législation sur le bien-être et la protection au travail le prévois. Je n’ai pas de chiffres pour la police locale. Quant au Stressteam de la police fédérale, du 1er mai 2017 au 30/4/2018, il a effectué 3.554 consultations de suivi, dont 360 pour Police Locale. Parmi ces consultations, il y en a 504 pour burnout dont 24 au profit de la Police Locale et 145 pour dépression dont 5 pour le Police Locale.  (Le nombre de consultations n’est pas égal à le nombre de personnes. Le service comptabilise que le nombre de consultations. Depuis cette année, le nombre de personnes sera aussi comptabilisé.)

Comme mentionné dans ma réponse précédente, ces chiffres ne sont pas représentatifs en ce qui concerne la police locale. Certaines zones de police ont aussi un stressteam, mais ces données ne sont pas centralisées.

 

Pour ce qui concerne le cadre de ces 2 services : Le service psychosocial au sein du service interne pour la prévention et la protection au travail de la police fédérale a changé. Son cadre comprends 8 conseillers dont le chef de service. 6 places sont remplies par des conseillers (dont certains doivent encore suivre une formation).  L’engagement ‘conseiller’ est prévu via la prochaine mobilité. Il contra donc cette année 7 conseillers.Le service fait appel à un service externe de prévention pour renforcer le service interne, le temps que certains conseillers soient totalement formés.

Pour ce qui est du Stressteam de la Police Fédérale, le cadre prévu est le même, c’est-à-dire 21 collaborateurs et rempli  à 81% (17 personnes).

Un emploi de psychologue est actuellement ouvert en mobilité. Les membres du Stressteam mettent tout en œuvre pour effectuer leurs tâches de la manière la plus efficace possible. (La cadre sera comblé dès que le budget le permet.)

 

Pour ce qui est des mesures à venir. Un marché est prévu cette année 2018 auprès d’un service externe afin de réaliser une grande enquête psychosociale en collaboration avec CGWB pour toute la Police Fédérale.

En ce qui concerne le burnout, des formations sont actuellement proposées pour sensibiliser la ligne hiérarchique à la prévention du burnout.  Ces formations devraient entrer dans le parcours de formation et de développement des membres du personnel qui ont une fonction d’encadrement

Par ailleurs, une formation à la sensibilisation et la détection du burnout pour tous les membres du personnel va être développée.

Des séminaires de gestion du stress sont déjà organisés plusieurs fois par an, ainsi que des parcours bien-être qui permettent aux membres du personnel de pouvoir aborder des techniques de gestion du stress et de les poursuivre au-delà de la sphère professionnelle.

Les personnes de confiance de la Police Fédérale sont également sensibilisées au burnout dans le cadre de leur fonction. Les initiatives de sensibilisation, de communication et de formation sont au profit de la police intégrée et donc aussi des membres de la police locale.

Mais vu notre structure de police intégrée et d’autonomie des zones de police à ce sujet, je ne sais pas prévoir des mesures concrètes au sein des corps de police locale, qui de plus doivent être adaptés à la situation locale et à leur gestion des risques.