Un stand de tir de la police fédérale inutilisé : jusqu’à quand ?

Question de Nawal Ben Hamou au Vice-premier ministre et ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, chargé de la Régie des Bâtiments

J’ai déjà eu l’occasion de vous entendre sur la problématique du manque de stands de tir mis à la disposition des fonctionnaires de police. Nous étions d’accord pour constater que leur nombre était insuffisant pour que les entrainements des policiers se déroulent dans de bonnes conditions. Et vous m’aviez assuré que des dispositions allaient être prises pour augmenter les capacités d’accueil de ces bâtiments. Or, je voudrais attirer votre attention sur le désolant gaspillage d’infrastructure, rue Royale à Bruxelles. Là, se trouve un stand de tir flambant neuf datant de 2014. Il n’a jamais été utilisé, car certaines normes de sécurité ne seraient pas respectées. Le rapport des pompiers indique, en effet, que la porte coupe-feu n’est pas résistante aux projectiles et que les fixations des pièges à balle doivent être renforcées. 1. Dans le contexte actuel, où l’offre en termes d’infrastructures ne suffit pas à répondre aux besoins légaux d’entrainement des fonctionnaires, ne serait-il pas judicieux d’apporter ces quelques petites modifications pour enfin pouvoir proposer cet établissement dans le cadre de la formation des policiers? 2. Comment expliquer que ces travaux qui semblent minimes n’ont pas été réalisés, plus d’un an après la construction de l’infrastructure? 3. Qu’en est-il aujourd’hui de l’offre en termes d’infrastructures mise à disposition des policiers pour les formations continues et pour les aspirants policiers? 4. Dans le cadre des formations au tir, vous aviez mentionné l’éventualité d’une obligation de résultats, où en est-on avec la mise en pratique de cette mesure?

Réponse du Ministre :

1. En réponse à votre question, je peux vous indiquer que les démarches en vue de mettre le stand de tir en conformité ont bien été entamées et sont en voie d’aboutissement. Je me permets toutefois d’attirer votre attention sur le fait que l’aménagement du stand de tir n’a pas été finalisé en 2014, à l’instar du reste du bâtiment, mais il a été réalisé jusqu’en mars 2015, moment auquel le stand de tir a fait l’objet d’une réception par les services de la Régie des Bâtiments et de la Police Fédérale. Par la suite, les adaptations nécessaires ont été réalisées au piège à balles, par le propriétaire à qui il incombait d’assurer la livraison du stand de tir. L’aménagement du piège à balles est désormais en ordre. La commande des portes blindées a été passée à la firme, qui a exécuté fin juin la pose de celles-ci. Après vérification par les services compétents, il a été confirmé que l’installation réalisée est conforme à la réglementation aussi bien au niveau de la prévention incendie qu’au niveau de la sécurité, notamment des utilisateurs. La dernière démarche à réaliser préalablement à l’ouverture du stand de tir consiste en un contrôle légal par la société AIB Vinçotte sur la saturation de l’air en particules liées aux tirs. Ce test aura été effectué durant la semaine du 22 au 26 juin (2015). J’attire votre attention sur le fait que, lorsqu’il est question de l’aménagement d’un stand de tir, il n’est pas question d’aménagements minimes. L’aspect lié à la sécurité des utilisateurs du stand de tir doit rester la première priorité liée à un tel aménagement. À cet égard, s’assurer de la conformité d’un piège à balles nécessite de procéder à des tests particuliers afin de s’assurer de la pertinence des adaptations réalisées. On ne peut en ce cas sacrifier la sécurité à la célérité, l’urgence. 2. En ce qui concerne la capacité en infrastructures mises à disposition pour les formations à Bruxelles, comme je vous l’indiquais dans ma réponse de mars dernier, l’objectif est d’atteindre un total de 6 stands de tir disponibles à Bruxelles d’ici la fin de l’année. Actuellement, la Police Fédérale dispose de 4 stands de tir, dont deux pour lesquels la rénovation a récemment été finalisée au sein des complexes d’Etterbeek. La finalisation des travaux de rénovation d’un troisième stand de tir au sein de l’un des complexes d’Etterbeek et les dernières démarches à réaliser au sein du bâtiment de la rue Royale permettront d’atteindre, avant la fin de l’année, un total de 6 stands de tir disponibles, qui seront dédiés tant aux formations des aspirants qu’aux formations continues dans le cadre de la GPI48 du personnel policier. Pour le reste du pays, je vous l’ai mentionné dans ma réponse du mois de mars de cette année, les services de police ont démarré la réalisation de l’analyse des besoins en matière de stands de tir, avec pour objectif d’aboutir à une vue aussi claire que possible sur les besoins précis en capacité de stands de tir. L’identification permettra de prévoir, à termes, la mise à disposition de la capacité nécessaire, idéalement au sein de la Police Fédérale, en stands de tir. 3. En ce qui concerne l’éventualité d’une obligation de résultats dans le cadre des formations au tir pour les policiers, cette idée est envisagée et peut être prévue dans le cadre de la prochaine évaluation de la GPI 48. Comme vous le savez, cette Circulaire Ministérielle GPI 48 décrit la gestion, la maîtrise de la violence, dont l’entrainement des policiers au tir fait partie. Certes, un entretien régulier en termes de temps d’exercice est nécessaire, mais les résultats de tir sont aussi importants. En termes de gestion de la violence les compétences, l’accent sera mis sur les aptitudes et les attitudes de nos policiers.