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8 février 2018

Tampons et serviettes hygiéniques: quels risques pour la santé des femmes?

Question orale de Madame Nawal Ben Hamou, députée fédérale, à Madame Maggie De Block, Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, concernant la dangerosité des tampons

Madame la Ministre,

Je reviens vers vous concernant la dangerosité des tampons pour la santé des femmes. En effet, il apparaît que les tampons peuvent provoquer un syndrome du choc toxique pour les femmes porteuses du staphylocoque doré, un syndrome pouvant causer de l’endométriose, l’infertilité voire la mort.

Quand on sait que les femmes utilisent en moyenne 11.000 tampons durant leur vie et qu’elles représentent la moitié de la population mondiale, on se rend rapidement compte de l’impact du phénomène. Mais le problème est toujours le même : impossible de savoir ce que contiennent réellement ces tampons étant donné la composition n’est indiquée nulle part sur les emballages. Les firmes se servent du tabou qui entoure encore les règles pour ne pas dévoiler le contenu de ces protections !

La dernière fois que je vous avais interrogée, vous m’aviez promis une étude pour connaitre la composition exacte de ces protections ainsi que des langes pour bébés. Un reportage diffusé récemment semblait indiqué déjà clairement que les tampons contiennent des substances novices, cancérigènes et des perturbateurs endocriniens comme du phtalate DEHP pourtant interdit en UE.

Ne serait-il pas temps d’agir au niveau européen et national afin que la santé des femmes ne soit pas mise en danger ?

Madame la Ministre, Comptez-vous toujours mener à bien cette étude sur les protections hygiéniques et protections pour bébés ? Quelles mesures comptez-vous prendre afin de limiter la dangerosité de ces produits ? Est-il, par exemple, envisageable d’obliger les firmes à indiquer les composantes de ces produits mais aussi d’indiquer clairement sur l’emballage les risques potentiels encourus par les femmes qui les utilisent ? Pourriez-vous, par ailleurs, encourager les femmes à utiliser des alternatives disponibles ? Lors de vos réunions avec les Ministres de la Santé européens, ce sujet a-il déjà été abordé ? Une approche européenne de cette problématique est-elle à l’ordre du jour ? Enfin, avez-vous connaissance du nombre de femmes qui ont été victimes de problèmes de santé liés aux tampons ?

Je vous remercie pour vos réponses.

 

Réponse de Maggie de Block, Ministre de la Santé 

Les services qui maitrisent les risques liés aux substances chimiques ont lancé des analyses sur le contenu en substances chimiques dans les langes de bébés. Des nouvelles analyses sur les produits d’hygiène personnelle (tampons, serviettes hygiéniques, etc.) seront encore lancés cette année-ci.

Après analyse de la composition des produits visés par l’étude, une analyse de risques tenant compte du danger des substances identifiées et de l’exposition du consommateur associé à un usage normal ou typique sera évaluée.

En ce qui concerne la problématique du syndrome du choc toxique (SCT), il faut savoir que ce syndrome est causé par certaines souches de la bactérie Staphylococcus aureus. Tampons, mais aussi coupes menstruelles, diaphragmes contraceptifs, éponges contraceptives, capes cervicales,… sont associés à un faible risque de SCT. Cette bactérie n’est pas dangereuse dans la plupart des cas et est présente naturelle chez 15% à 40% de la population (hommes, femmes et enfants).

Trois paramètres entrent en ligne de compte. Premièrement, le degré ou la capacité d’absorption du tampon utilisé (c’est-à-dire la taille du tampon), ensuite la durée de port et enfin la composition du tampon. De plus, le tampon a un grade d’absorption élevé et plus longtemps il est porté, plus le risque de développer un syndrome du choc toxique s’accroit. C’est pour cela qu’il est conseillé, comme indiqué dans les notices, de toujours porter le tampon au degré d’absorption le plus faible et de le changer régulièrement sur la journée (en d’autres mots, de le porter maximum 8 heures d’affilées). Concernant la matière, il a été constaté que les tampons en coton ou matière naturelle sont moins à risque de provoquer le SCT que les tampons en matière synthétique. Il va de soi qu’il est important de bien se laver les mains avant d’appliquer un tampon, ainsi qu’après la mise en place.

Il est par ailleurs aussi important de savoir reconnaitre les symptômes d’un SCT. Ces symptômes, qui sont indiqués dans les notices, sont très semblables à ceux de la grippe. Si une femme portant un tampon commence à ressentir ces symptômes, il faut retirer le tampon immédiatement et contacter son médecin traitant.

Comme mes services estiment qu’informer les femmes et jeunes filles relève de la promotion de la santé, on a mis ce point à l’ordre du jour des réunion de la cellule National Environment Health Action Plan (NEHAP) avec les entités fédérées. Car la prévention et la promotion de la santé relèvent en effet de leurs compétences.