Quel encadrement psycho-social pour les policiers ? prévention et protection au travail

police-1665104_960_720

Question de Madame Nawal Ben Hamou, Députée Fédérale, adressée à Monsieur Jan Jambon, Ministre de l’Intérieur, à propos du projet d’élargissement du tableau organique du service interne de prévention au sein de la police.

 

Monsieur le Ministre,

En juin 2016, je vous avais interrogé sur l’encadrement psycho-social des policiers et la situation des conseillers en prévention eux-même soumis a d’importants moments de stress ou de surcharge de travail.

A l’époque, vous m’aviez répondu que l’élargissement du tableau organique du service interne de prévention et protection au travail était en cours. La composition de ce service devait compter 9 personnes et les recrutements devaient avoir lieu. Ceci afin de répondre à la demande puisque vous évoquiez “être conscient que ceci ne couvre pas tous les besoins potentiels”.

A l’heure d’écrire ces lignes, une année s’est quasiment écoulée depuis votre réponse et, malheureusement, les policiers ont dû faire face à de nombreux moments de grands stress, y compris dans le cadre de la menace terroriste.

Revêtir l’uniforme des forces de l’ordre implique d’être en première ligne, nous avons encore dû le déplorer récemment à Paris tandis qu’un jeune policier tombait sous les balles d’un terroriste.

Il est facile d’imaginer dans ce cadre l’état de stress dans lequel évoluent les policiers. S’il on ajoute cette donnée aux manques de moyens et d’effectifs au sein des forces de police, on comprends mieux pourquoi le taux d’absentéisme pour cause de dépression ou de burn-out semble augmenter.

-Qu’en est-il de l’élargissement du tableau organique du service interne de prévention et protection au travail au sein de la police? Quid également de la “stress team”?

-Pensez-vous que, étant données les circonstances actuelles, cette équipe est suffisante pour faire face aux demandes des policiers en difficultés?

-Disposez-vous de chiffres concernant le nombre de policiers qui ont fait appel à ce service et le nombre de fonctionnaires de police concernés par une dépression ou un burn-out?

 

Réponse de Jan Jambon, Ministre de l’Intérieur 

 

Le service interne de prévention est un service de la police fédérale. Les réponses suivantes concernent donc la police fédérale. Les zones de police possèdent en effet leur propres services de prévention et de protection au travail (interne ou externe) et s’organisent de manière autonome.

Je ne dispose donc pas des données relatives à ces services locaux.

Cette remarque est valable également pour le stressteam. Le stressteam de la police fédérale peut toutefois intervenir en appui à la police locale, cet appui étant gratuit en situation de crise et payant en temps normal.

1.

A) En ce qui concerne le service interne pour la prévention et la protection au travail :

Le tableau organique du Service Interne pour la prévention et la protection au travail pour ce qui concerne le service psychosocial prévoit 8 temps plein (FTE).

A l’heure actuelle, le service psychosocial au sein du service interne pour la prévention et la protection est constitué de 5 FTE, soit:

un conseiller en prévention aspects psychosociaux – chef de service (francophone)

un conseiller en prévention aspects psychosociaux  (bilingue)

un conseiller  (néerlandophone) est en cours de formation et suit actuellement la spécialisation (fin de formation d’ici fin 2018)

un conseiller (francophone) a été recruté en interne mais doit encore être complètement formé (fin de formation en 2019).

un conseiller  (néerlandophone) qui vient de commencer la formation de base (fin de formation 2019 ou 2020 en fonction des listes d’attente à la formation) a été détaché.

Je tiens à préciser qu’à côté de ces services centraux, les entités déconcentrées possèdent également des conseillers en prévention.

 

B) En ce qui concerne le Stressteam :

Le tableau organique du Stressteam prévoit 21FTE et est actuellement composé de 17 FTE, soit:

Un conseiller psychologue chef de section (bilingue)

2 assistantes administratives (1 N  et 1 F)

5 assistants sociaux (2 N et 3 F)

9 psychologues (5 N  et 4 F )

Une place est actuellement ouverte en mobilité pour une assistante sociale N.

 

2.

Oui, le tableau organique prévu est suffisant. Il n’est actuellement pas complet mais la police fédérale met tout en œuvre pour le combler.

En attendant, la police fédérale a fait appel à un service externe pour renforcer le service interne de prévention.

De plus, comme je viens de le dire, les entités déconcentrées de la police fédérale disposent également de conseillers en prévention.

A côté de cela, un réseau de personne de confiance est en place et  se tient à disposition des membres du personnel.

Comme je l’ai mentionné en préambule, les zones de police s’organisent quant à elles de manière autonome.

 

3.

Les services de police ne disposent pas de données précises concernant le burn-out et la dépression.  Néanmoins, je peux vous répondre ceci :

En ce qui concerne le service interne pour la prévention et la protection au travail : 161 demandes individuelles de la part de membres de la police fédérale ont été traitées en 2016 : 85 directement au niveau du service interne et 76 par le réseau des personnes de confiance coordonné et supervisé par le service interne. Je ne dispose pas des chiffres pour la police locale.

Entre le 1er janvier 2016 et le 1er mai 2017, 4442 consultations de suivi ont été prestées par le stressteam dont 479 au profit de la police locale.

Parmi ces consultations, le stressteam a recensé 472 cas de burnout au sein de la police fédérale et 33 au sein de la police locale et 91 dépressions à la police fédérale et 4 à la police locale. Je tiens toutefois à préciser que ces chiffres ne sont pas représentatifs en ce qui concerne la police locale car ces données ne sont pas centralisées.