Quand les conseillers psycho-sociaux de la police sont eux-mêmes en burn-out!

Question de Mme Nawal Ben Hamou au vice-premier ministre et ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, chargé de la Régie des Bâtiments, sur « l’encadrement des conseillers en prévention psychosociale au sein de la police fédérale » (n° 11689)

Nawal Ben Hamou(PS): Monsieur le ministre, il me revient que, sur le terrain, les équipes de police soumises à rude épreuve ces derniers temps doivent être prises en charge, plus encore, par les conseillers en prévention psychosociale. J’avais déjà eu l’occasion de vous en parler dans le cadre de la loi du 4 août 1996 relative au bien- être des travailleurs lors de l’exécution de leur travail, qui stipule que la charge psychosociale des travailleurs doit être prise en compte. Pour ce faire, des conseillers en prévention ont pour rôle cet encadrement du stress, des conflits, de l’absentéisme, de la communication, du climat de travail, des relations humaines, etc.

Le problème, à l’heure actuelle, concerne ces conseillers qui, peu nombreux, croulent sous la masse de travail et sont eux-mêmes soumis à un stress important. Vous aviez répondu ceci à l’une de mes précédentes questions sur le sujet: « les conditions budgétaires étant difficiles, il a été décidé, comme pour beaucoup de services de la police fédérale, de ne pas augmenter la taille du team prévention psychosociale du Service interne de prévention et protection au travail ». Pourtant des échos me reviennent faisant état de burn-out, d’un grand nombre de départs volontaires de conseillers ou, plus généralement, d’une surcharge de travail qui ne permet pas de rendre le service attendu dans de bonnes conditions.

Pouvez-vous me dire ce qu’il en est de l’état des effectifs dans les cellules concernées? Des cas de départ en congé maladie de longue durée pour cause de burn-out ont-ils été constatés? Qu’en est-il du taux de rotation dans ces fonctions? Afin de répondre à la détresse des agents de ces cellules, un encadrement spécifique de seconde ligne pour les conseillers eux-mêmes est-il prévu?

Dans la mesure où la charge de travail est d’autant plus importante aujourd’hui que l’ensemble des forces de police est sollicité avec toujours plus d’urgence du fait de la situation générale, envisagez-vous de renforcer les cellules de prévention psychosociale? Si oui, dans quelles proportions et à quelle échéance?
Réponse du Ministre Jan Jambon: Madame Ben Hamou, les conseillers en prévention font partie du Service Interne de Prévention et Protection au Travail, aussi connu sous le sigle CGWB, et donnent des avis à l’autorité en matière de prévention et de protection au travail, sur la base de la loi de 1996 relative au bien-être. Ces services coordonnent également en interne un réseau de personnes de confiance de plus d’une centaine de membres. Dans le cadre de l’optimalisation du tableau organique, le service de prévention psychosociale a subi d’importantes modifications et des augmentations. Suite au cadre organique récent de la police fédérale du 26 octobre 2015, cette cellule comptera huit personnes à temps plein: un chef de service et sept conseillers spécialisés dans les aspects psychosociaux du travail. Un renforcement de ces services a donc été prévu. À ce jour, le service compte un chef de service, un conseiller en prévention spécialisée, un conseiller en prévention en cours de formation, un secrétaire et deux personnes de confiance.
En ce qui concerne le personnel, deux cas de maladie de longue durée de conseillers en prévention spécialisée en cours de formation ont en effet été relevés ces dernières années. En ce qui concerne le taux de rotation des conseillers en prévention spécialisés, on ne dénombre que trois départs depuis l’existence du service, soit depuis 2002. Pour ce qui est de votre deuxième question, à ce jour, il est toujours loisible pour les collaborateurs de ce service de contacter leurs collègues du stress team pour recevoir un appui psychosocial. Le stress team fait partie intégrante de la Direction générale de la Gestion des Ressources et de l’Information. Conscient que cette solution ne couvre pas tous les besoins potentiels, le service du personnel du Service Interne pour la Prévention et la Protection au Travail (SIPPT) a entrepris les démarches pour ouvrir aux conseillers en prévention, aspects psychosociaux, un droit à des supervisions individuelles externes, système identique à celui en place pour le personnel du stress team. Enfin, en réponse à votre dernière question, je puis dire que, vu l’élargissement récent du tableau organique pour ce service à la suite de récente optimalisation de la police fédérale, un élargissement supplémentaire n’est pas prévu. Par contre, les places vacantes sont progressivement ouvertes en interne et en externe pour remplir le tableau organique existant.
Le SIPPT est un des services prioritaires en matière de recrutement du personnel. En outre, des conseillers ont été mis à disposition du service quelques jours par semaine pour permettre de faire face à cette période transitoire. Nous sommes donc dans une phase de transition. La composition de ce service évolue à 9 personnes (1 chef de service et 8 conseillers). Les recrutements sont en cours.

Nawal Ben Hamou (PS): Monsieur le ministre, je vous remercie pour cette réponse.