Pourquoi un tel retard dans la campagne de vaccination au sein de la police

Question de Mme Nawal Ben Hamou au vice-premier ministre et ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, chargé des Grandes Villes et de la Régie des Bâtiments, sur « la campagne de vaccination au sein de la police »

Monsieur le président, monsieur le ministre, le 12 novembre dernier, je m’inquiétais auprès de vous du retard de la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière au sein de la police. Pour rappel, ces vaccins concernent 40 000 policiers et membres du personnel civil.

Au-delà du problème de santé publique que posait un tel retard de vaccination, c’était le bon fonctionnement des services que je voyais menacé par un taux d’absentéisme dû à cette infection. Vous m’aviez alors répondu que la commande de vaccins avait été effectuée et que la campagne pourrait commencer. Or, récemment, j’ai à nouveau été interpellée par des membres du personnel de la police qui me disent que plusieurs vaccins, dont celui de la grippe, n’ont toujours pas été réalisés.

Monsieur le ministre, pouvez-vous m’éclairer sur la situation? Oui ou non, la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière a-t-elle été menée au sein de la police? Les 40 000 membres du personnel ont-ils bénéficié, pour le bien des services, de l’ensemble des vaccins habituels? Comment expliquer les retards et les dires de certains membres du personnel qui expliquent ne pas avoir bénéficié de la campagne de vaccination?

 

Réponse du ministre Jan Jambon :

Madame Ben Hamou, la décision de vacciner les membres du personnel de la police fédérale ou des zones de police est une prérogative de chaque service externe ou interne pour la prévention et la protection au travail compétent, le plus souvent en accord avec l’employeur.

De plus, la campagne de vaccination contre la grippe s’inscrit dans le cadre de la politique de lutte contre l’absentéisme des services de police et non dans l’application des lois et règlements sur le bien-être au travail. La vaccination contre la grippe n’est pas obligatoire, contrairement à celle, par exemple, contre les hépatites et le tétanos.

Il n’y a pas de campagne de vaccination globale menée au bénéfice des 40 000 membres du personnel des services de police intégrés, puisque la décision de vacciner appartient à chaque employeur (police fédérale et zones de police)

En cas d’accord entre l’employeur et les services de prévention compétents, les conseillers en médecine du travail assurent la vaccination et la charge financière est reprise dans le coût global d’affiliation annuelle au service de prévention.

De son côté, le service médical de la police fédérale fournit aux conseillers en prévention-médecins du travail CFWB les vaccins nécessaires à la vaccination des membres du personnel de la police fédérale qui, lors de leur examen médical d’évaluation de santé périodique, expriment le désir d’être vaccinés.

Dans un cadre purement curatif, le service médical de la police fédérale met un lot de vaccins contre la grippe à disposition des médecins généralistes officiant dans ces centres médicaux, notamment pour la vaccination des personnes de la police intégrée considérées à risque sur le plan purement médical.

La mise à disposition des vaccins contre la grippe saisonnière a été retardée d’un mois cette année, d’une part, suite à l’attribution tardive du marché des vaccins et, d’autre part, parce que la firme choisie au départ n’a pas pu livrer les quantités commandées dans le temps imparti.

En outre, il faut noter que la vaccination a été moins suivie cette année, sans doute parce que les membres du personnel de la police ont, comme la population, appris par les médias que le vaccin contre la grippe disponible en Belgique cette année n’était que très peu efficace (25 %) contre la souche du virus Influenza, responsable de l’épidémie modérée de grippe qui a sévi de décembre2014 à mars 2015.

Par ailleurs, de nombreux ayants droit répondant aux critères de remboursement de l’INAMI s’étaient entre-temps fait vacciner par leur médecin traitant.