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Manque de personnel et de moyens, la police est à bout!

Question de Madame Nawal Ben Hamou, députée fédérale, à Monsieur Jan Jambon, Ministre de l’Intérieur au sujet du ras-le-bol des policiers

Les services de police souffrent du manque de personnel et de moyens. Le sujet est récurrent, mais force est de constater que la situation n’évolue pas, et pour le personnel la situation se dégrade de plus en plus. Sur le terrain, le personnel se dit « à bout », continuellement sous pression, trop peu nombreux, sans matériel adéquat, subissant des horaires invivables, les prestations s’enchaînent et beaucoup craquent et tombent malade. Dans le même temps les fonctionnaires qui partent à la retraite ne sont pas remplacés. Les jeunes recrues se désintéressent de la fonction, souvent dès la première année, quand ils se rendent compte des conditions difficiles.

1. Où en sont les recrutements et formations en cours? Le cadre organique va-t-il être renfloué? Si oui, dans quels délais? Les départs à la pension vont-ils être réellement compensés? Quels sont les chiffres actualisés? 2. En attendant une éventuelle amélioration, comment assurer un fonctionnement optimal des services de police dans ces conditions?

 

Réponse de Jan Jambon, Ministre de l’Intérieur 

Jusqu’à présent (janvier à octobre 2017), 114 opérationnels ont pris leur retraite à la police fédérale. 221 opérationnels de la police locale sont partis en pension entre janvier et août 2017. Comme déjà mentionné à plusieurs reprises des budgets sont prévus pour engager 1400 policiers en 2017 et 2018.  Les recrutements externes 2017 sont encore en cours. Jusqu’à présent, la police a recruté 916 aspirants inspecteurs et 7 aspirants cadres moyen spécialisés. A la fin octobre 2017, il y avait 1.561 aspirants, tous grades confondus, en formation.

L’effectif de la police fédérale au sens strict (les 4 directions générales, à exclusion du Comité P, Comité R, AIG et COC, membres détaché au SAT, OCAM et Shape, le SSGPI, les aspirants, le personnel d’entretien, Horeca, les membres détaché vers le police locale…) était de 8 895 membres opérationnels et 2 971 membres CAlog au 31/10/2017. De plus, la police fédérale a obtenu de pouvoir bénéficier d’un montant de 15.000.000 d’euros pour renforcer sa capacité en 2018, comme en 2017. Je ne peux pas me prononcer sur les engagements au niveau de la police locale. Cette décision revient à l’autorité locale.

 

Je suis tout à fait conscient que certains services sont actuellement confrontés à un déficit en personnel.  Suite aux attentats, j’ai décidé de renforcer en priorité les services confrontés au terrorisme et radicalisme au moyen d’un budget spécifique débloqué par le gouvernement.Afin de pouvoir rencontrer les besoins des autres services, un effort très important a été (et est toujours) réalisé en terme de recrutement avec un recrutement de 1600, 1400 et 1400 nouveaux inspecteurs entre 2016 et 2018 au lieu de 800 les années précédentes.  Mais entre la prise de décision et l’entrée en fonction effective de nouveaux membres de personnel, il faut bien entendu consacrer un temps certain à la formation. Les résultats de ce recrutement seront donc visible progressivement. Engager du personnel est important. Mais d’autres mesures sont nécessaires ET en cours pour améliorer et optimaliser le fonctionnement policier. Je pense au plan sur les tâches essentielles, à la création de la direction DAB, à la digitalisation du travail policier via p.ex. i-police, au projet sur les économies d’échelles via des collaborations, associations et mêmes fusions, ….

Cette panoplie de mesures et une bonne gestion de travail policier (via des analyses de risques performantes, des plans sur le bien-être au travail, un plan sur l’absentéisme, …) doivent améliorer les conditions de travail des policiers.