L’examen d’entrée à l’école de police de plus en plus exigent

Question de Madame Nawal Ben Hamou à Jan Jambon Ministre de l’Intérieur sur « le renforcement du seuil de note exigé dans les écoles de police »

Monsieur le président, monsieur le ministre, la qualité de la formation dans les écoles de police aurait été revue à la hausse, selon le porte-parole de la police fédérale. Le seuil de notes exigé pour réussir serait passé de 10 à 12 sur 20. « Une modernisation », relate la presse, qui n’est pas sans conséquence, puisque nous observons un taux d’échec plus important chez les aspirants policiers, qu’il s’agisse des résultats relatifs aux cours pratiques ou théoriques. Ce changement de niveau d’exigence ferait suite au manque de compétences de base de certains agents de police, « pas toujours prêts pour le travail de terrain », argumentent certaines sources.

Monsieur le ministre, quel impact cette modification d’exigence pour la réussite en école de police peut-elle avoir sur le recrutement et sur le nombre de policiers? Y aura-t-il un changement, en termes d’agenda, sur le renflouement des effectifs dans les zones de police? Pouvez-vous nous préciser les motivations de ce renforcement de seuil de notes exigé? Est-il réellement en lien avec les compétences de base des agents? S’accompagnera-t-il d’autres modifications, en termes de formation, dans les écoles de police?

 

Réponse de Jan Jambon, ministre de l’Intérieur

Monsieur le président, je vais commencer par la deuxième question de Mme Ben Hamou, car cet ordre me permet de développer une logique. Le renforcement du seuil de notes exigé est lié à la refonte de la formation de base, l’organisation par cluster et compétences et la mise en place de l’apprentissage en alternance. La refonte de cette formation de base en 2015 est le résultat de l’évaluation de cette formation et, entre autres, de la demande des services de police locale pour l’améliorer. Le but est que cette formation soit plus en lien avec les exigences policières sur le terrain. Concernant la nouvelle formation de base des inspecteurs de police, le taux d’échec en première session est, en effet, important. Mais il s’agit de la première promotion issue de cette nouvelle formule. Il est néanmoins à noter que de nombreux échecs sont limités et qu’aucune délibération n’est prévue après la première session. Toutes les écoles ont mis en place des efforts de remédiation des aspirants en échec pour préparer la deuxième session. Une délibération est possible après cette deuxième session. En tous les cas, nous cherchons également à identifier les raisons des échecs et à apporter, lorsque c’est possible, les solutions adaptées.

Madame Ben Hamou, dans le contexte actuel, je tiens à attendre la fin des examens de deuxième session et des délibérations. Il est donc prématuré de m’avancer sur un possible impact sur le nombre de policiers à engager dans les zones de police. Une évaluation globale de la nouvelle formation des inspecteurs de police est en cours. À ce jour, nous ne disposons pas encore du recul nécessaire, puisque seule la première session de la première promotion est terminée. Début 2017, je disposerai d’une vue plus précise issue des expériences des deux promotions ayant terminé leur formation en 2016. Je suivrai la situation de près. Néanmoins, il est important pour moi de ne pas diminuer la qualité de la formation des inspecteurs pour des raisons de quotas. Je tiens donc à avoir une vue claire sur l’évaluation globale de cette formation.

Nawal Ben Hamou (PS): Monsieur le président, monsieur le ministre, je suis tout à fait d’accord avec vous. Et je vous rejoins quand vous dites que la qualité prime sur les quotas. Cela dit, vous avez parlé de délibérations. Je suppose que ces délibérations continueront à avoir lieu. En effet, selon les personnes de terrain, il semblerait qu’il faille absolument avoir un 12 sur 20 et que si quelqu’un obtient un 11 sur 20 pour un cours, son dossier ne fera plus l’objet de délibérations. Ce faisant, il échouera automatiquement. Confirmez-vous que les délibérations continueront à avoir lieu?

Jan Jambon, ministre: Oui, on a une nouvelle chance de passer les examens dans le cadre d’une deuxième session. Par la suite, il y aura encore des délibérations. Actuellement, ils ont passé leurs examens en deuxième session. Des délibérations sont maintenant prévues.