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« Levothyrox » et ses effets secondaires dénoncés!

Question jointe de Mme Nawal Ben Hamou et Mme Muriel Gerkens, à la ministre des Affaires sociales et de la Santé publique sur « le Levothyrox » (n° 21092)

Nawal Ben Hamou (PS): Madame la ministre, j’ai récemment appris que le médicament Levothyrox, utilisé pour traiter les dérèglements de la thyroïde, faisait débat en France. En effet, la nouvelle formule de ce médicament entraînerait de nombreux effets secondaires indésirables tels que la fatigue, des maux de ventre ou encore des vertiges et une perte de cheveux.

Les effets secondaires étaient tellement lourds que les autorités françaises ont décidé d’ouvrir une enquête préliminaire pour « tromperie aggravée, atteintes involontaires à l’intégrité physique et mise en danger de la vie d’autrui« . En marge de cette enquête, une perquisition a eu lieu le mardi 3 octobre 2017 au siège du laboratoire qui fabrique ce médicament.

Le gouvernement français a décidé de se saisir de ce dossier, qui est devenu un enjeu sanitaire majeur au plan national. Ce n’est pas encore le cas chez nous.

Madame la ministre, êtes-vous au courant de cette affaire? La nouvelle formule dudit médicament circule-t-elle chez nous? Pouvez-vous estimer le nombre de personnes qui prennent ce médicament en Belgique? Depuis la mise sur le marché de la nouvelle formule, avez-vous déjà recensé des plaintes pour effets secondaires? Comptez-vous aussi vous saisir de ce dossier, à l’instar des autorités françaises?

Maggie De Block, ministre: Madame Gerkens, madame Ben Hamou, il existe deux médicaments autorisés et commercialisés en Belgique à base de Levothyroxine T4, à savoir L-Thyroxine de la firme Takeda et Euthyrox de la firme Merck.

La Levothyroxine est une molécule dont la marge thérapeutique est étroite. Cela signifie que le passage à une nouvelle formule doit se faire sur surveillance médicale car un déséquilibre en hormones thyroïdiennes peut entraîner des symptômes plus ou moins importants sur l’organisme. C’est ainsi qu’il peut influencer le rythme cardiaque, l’énergie, le poids, le sommeil, la digestion. Une adaptation de la posologie du médicament peut être nécessaire en fonction de l’état clinique et des niveaux d’hormones thyroïdiennes du patient.

Une nouvelle formule du médicament L-Thyroxine a été mise sur le marché en Belgique, le 1er janvier 2015. Afin d’anticiper les problèmes pouvant résulter de cette modification, un courrier a été approuvé, à l’époque, par l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) et a été envoyé dès 2014 à tous les médecins et pharmaciens pour les informer qu’une nouvelle formule du médicament allait être mise sur le marché. Cela se passait dans les mois qui ont précédé la mise en vente de ce nouveau médicament sur le marché belge. Un communiqué a également été publié à ce sujet sur la page d’accueil du site de l’AFMPS.

Par ailleurs, des cartes d’avertissement ont été distribuées par les pharmaciens aux patients pour informer ces derniers du changement de formule et de la nécessité de contacter leur médecin. Les lettres à destination des médecins et des pharmaciens ainsi que la carte pour les patients sont toujours consultables sur le site de l’AFMPS.

Pour ce qui concerne le nombre de personnes qui prennent ce médicament, je dispose d’un tableau que je vais vous faire parvenir. Le nombre de patients est en augmentation, compte tenu du vieillissement de la population. En 2012, on comptait environ 517 000 patients; en 2016, on en comptait 601 000.

En France, cela a fait l’objet de tout un débat. De nombreux sites web existent, on en parle. Dans notre pays, nous avons été proactifs. Toutes les personnes ont été averties qu’il convenait de rester sous contrôle, de faire des prises de sang et d’examiner les résultats après le changement de médicament.

C’est tout ce que je peux dire. C’était début 2015, ce qui signifie que ce médicament est pris par les personnes depuis trois ans.

02.05 Maggie De Block, ministre: Nous avons quand même été très proactifs. Tant les personnes que les pharmaciens et les médecins ont été avertis qu’il convenait de bien suivre les patients qui étaient sous traitement par cette molécule. Je ne sais pas comment les choses se sont déroulées en France.

 

L’incident est clos.