Les voitures de police pas toutes équipées de pneus hiver

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Question de Madame Nawal Ben Hamou, Députée Fédérale, au Ministre de l’Intérieur Jan Jambon, sur les pneus hiver pour les voitures de police.

Monsieur le Président, Monsieur le Ministre,

L’hiver approche et avec lui les mauvaises conditions climatiques qui peuvent rendre les routes dangereuses. Les pneus hiver permettent de réduire le risque de glissement et ainsi d’accidents. Pourtant, si les citoyens peuvent équiper leur véhicule de pneus hiver, il semble que la situation soit différente pour les policiers. En effet, la police manquerait de personnel et aussi de budget pour équiper tous ses véhicules de pneus hiver.

Ces pneus sont pourtant essentiels lors d’actions comme des poursuites où la vitesse des véhicules est très élevée. Ne pas avoir de pneus hiver sur les voitures de police peut consister un réel danger, tant pour les policiers, que pour les autres usagers de la route. Ce problème serait lié à un manque de personnel et de budget, il faudrait donc faire des choix, et apparement assurer les véhicules de police avec des pneus hiver ne serait pas une priorité.

Mes questions porteront donc sur ce sujet.

  • Monsieur le Ministre, comment expliquer le manque d’investissement dans les pneus hiver, pourtant essentiels à la sécurité lors d’actions policières?
  • Ce manque d’investissement serait du à un manque de budget, mais pourquoi investir autant d’argent dans les armes lourdes ( la police sera dotée de 4.400 nouvelles armes lourdes, ce qui équivaut à un montrant entre 6 et 11 millions d’euros) et beaucoup moins pour les véhicules de police?
  • Dans ces conditions, les policiers peuvent-ils encore faire face à des situations où une « conduite  dangereuse » est nécessaire?

Je vous remercie pour vos réponses.

Réponse de Jan Jambon, Ministre de l’Intérieur

La Police Fédérale ne rencontre pas de problèmes budgétaires pour l’achat de pneus hiver.  Ces moyens sont prévus dans les budgets de fonctionnement réguliers de la police fédérale. Environ 90 % des pneus hiver sont stockés dans les magasins de la police fédérale et les autres 10 % sont achetés neufs.  Chaque année, tous les véhicules sont équipés de pneus hiver. Le changement de pneus se fait au moment opportun.

Considérant le modèle de police, et plus précisément pour la police locale, il s’agit ici d’une responsabilité locale. Les moyens sont prévus dans les budgets des différentes zones de police. Au niveau central, nous ne disposons pas d’information détaillée à ce sujet.

La sécurité routière est un des phénomènes repris dans le Plan National de Sécurité 2016-2019. L’objectif 3 dans ce domaine insiste sur le fait de disposer de « collaborateurs compétents, formés (formation de base et formation continuée) et équipés de manière optimale pour l’exécution de leurs missions sur le terrain ». Le plan fédéral de formation 2016-2017 reprend, lui aussi, la conduite prioritaire parmi les thèmes de formation à privilégier. Tant la formation de base que les formations continuées abordent la ‘conduite prioritaire’. Ces formations contribuent à garantir la sécurité des policiers et des usagers de la route. Les années précédentes, les différentes écoles de police ont organisé des formations spécifiques à la conduite policière et prioritaire.

Concernant la conduite prioritaire, deux nouvelles formations de conduite ont été mises au point en 2013, à savoir « Conduite prioritaire –Chargé de cours » et « Conduite prioritaire – End user ». La formation ‘chargé de cours’ est extrêmement intensive et s’étale sur neuf jours. Elle vise à former les chargés de cours qui formeront à leur tour les utilisateurs finaux pendant deux jours. Tout policier reçoit donc une formation en conduite policière, mais elle peut être différente selon la zone, le service de la police fédérale ou l’école en tenant compte des besoins et spécificités propres.

L’Académie National de Police organise aussi chaque année 20 sessions de 2 jours de formation pour la conduite rapide et la conduite spécialisée. Dix policiers sont formés par session, soit 200 policiers par an. La réussite de cette formation est obligatoire pour tous les conducteurs à haut risque, c’est-à-dire les policiers de terrain de Police de la Route (DAH), de la Direction de la Protection (DAP) et la Direction des Unités Spéciales (DSU). Des cours de recyclage sont prévus ensuite en matière d’antiglisse et High Velocity. En 2016, sur l’ensemble des formations initiales de conduite 6382 participants étaient inscrits, dont 309 n’ont pas réussi la formation. Les candidats qui échouent sont soit invités à se représenter, soit orientés vers d’autres services (ne nécessitant pas la maîtrise de la conduite). Plus spécifiquement, pour la formation continuée  le nombre de participants était de 3805 avec 9 non-réussites.