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17 janvier 2018

Les policiers contraints d’acheter eux-mêmes leurs uniformes

Question de Madame Nawal Ben Hamou, députée fédérale, à Monsieur Jan Jambon, Ministre de l’Intérieur, au sujet du manque d’uniforme pour les policiers 

J’aimerais vous interroger au sujet des uniformes des policiers. En effet, des centaines de nouveaux policiers se retrouvent sans pantalon, sans veste, sans pull, sans ceinture, ni cravate. Certains ont donc été contraints d’acheter eux-mêmes leurs vêtements. Vous avez récemment déclaré que le problème serait bientôt solutionné mais les syndicats restent malgré tout inquiets et expliquent que cette situation dure depuis plus d’un an. Certains policiers doivent même carrément bricoler leur insigne et leur grade avec des autocollants.

L’image de la police est très importante et pourtant les policiers n’ont même pas un équipement de base pour aller sur le terrain. Ce problème ne touche pas seulement les aspirants policiers, même dans certaines zones de police il manque des équipements, les stocks s’épuisent et visiblement rien n’est fait pour les renouveler. Cette problématique est clairement symptomatique du manque d’investissements dans la police et les services publics en général.

1. Trouvez-vous cela normal que des policiers doivent utiliser leur propre argent pour s’acheter un équipement?

2. Quand le problème sera-t-il solutionné? Les policiers recevront-ils bientôt un équipement complet?

3. Allez-vous enfin investir pour solutionner le manque d’équipements à la police? Qu’il s’agisse d’uniformes ou de voitures comme je vous l’avais déjà demandé?

4. Ne voyez-vous pas que votre gouvernement laisse la police, tout comme la fonction publique en général, dépérir complètement? Votre but est-il de laisser la police dans un état de délabrement complet afin de pouvoir tout privatiser in fine?

 

Réponse de Jan Jambon, Ministre de l’Intérieur 

Tout est mis en œuvre pour que chaque membre opérationnel de la police fédérale dispose de l’équipement nécessaire à l’exercice de sa fonction. Chaque policier reçoit, selon son profil, un nombre suffisant de points pour acquérir l’équipement de base nécessaire et la chaîne logistique d’approvisionnement est gérée de manière à constituer et maintenir des stocks qui n’entravent pas le fonctionnement des services de terrain. En principe il n’y a aucune raison pour que les policiers acquièrent les pièces de l’équipement de base sur leurs propres deniers. Par ailleurs, si une pièce est en rupture de stock il est impossible qu’un policier puisse l’acquérir par ses propres moyens vu qu’elle ne serait tout simplement pas disponible.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y pas de problème. Comme déjà mentionné dans les réponses à des questions précédentes à ce sujet (q21352 et q21386 par exemple), les causes de la rupture de stock dans certaines pièces sont multiples: absence d’un stock de sécurité suffisant, retard de certains fournisseurs, complexité de la procédure administrative pour la libération de certains crédits budgétaires, …). Je vous invite à relire mes réponses à ce sujet. En résumé, le stock de sécurité pour plusieurs pièces d’équipement est actuellement trop bas. Le moindre retard au niveau de l’attribution d’un nouveau marché, de la livraison d’un fournisseur ou dans l’attribution d’un budget crée une rupture de stock. Vu les aléas et inconnues pouvant impacter l’équipement des policiers en uniforme de base et de fonction, une analyse est menée pour la constitution d’un stock de fonctionnement et d’un stock stratégique et ce afin d’éviter à l’avenir ce genre de situation. De manière générale, la situation sera régularisée d’ici quelques semaines et au plus tard au cours du 1er trimestre 2018 et ce selon la pièce d’équipement concernée (voir ma réponse aux q21352 et q21386).

Concernant les uniformes policiers, je peux que répéter que des solutions sont en cours. En ce qui concerne les véhicules, je me permets de vous rappeler que plusieurs commandes de véhicules ont été réalisées ces dernières semaines pour un montant dépassant les 10 millions d’euros.

Madame Ben Hamou, je vous invite à analyser de plus près l’évolution du budget de la police fédérale durant les dernières années en matière d’investissement et de fonctionnement avant de tirer ce genre de conclusion. J’ai toujours défendu fermement le renforcement des services de police et cela se concrétise de diverses manières (renforcement des unités spéciales, de la DGJ, création de la DAB, plan canal, différents investissements en matière de lutte contre le terrorisme de manière générale, etc.)