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19 décembre 2017

Les agents de la SNCB sont-il formés pour réagir en situation d’urgence?

Question de Madame Nawal Ben Hamou, députée fédérale à Monsieur François Bellot, Ministre de la mobilité à propos des Formations spécifiques pour les agents SNCB confrontés à la gestion de situations d’urgence

Le 21 juin 2017, un attentat a été déjoué au coeur de la gare centrale de Bruxelles. Si l’on ne déplore pas de victimes autre que le terroriste lui-même, la situation a créé une certaine panique, on peut le comprendre. Cela dit, au-delà de l’aspect émotionnel qu’engendre ce type de scénario, il a été mis en évidence par certains témoins dont les récits ont été relayés dans la presse que les réactions des membres du personnel de la SNCB (contrôleurs, conducteurs, chefs de gare, etc.) n’étaient pas adéquates.

Loin de moi l’idée de les blâmer, ces travailleurs du rail n’ont jamais été préparés à adapter leur comportement à ce type d’attaque. C’est avec regret qu’il faut pourtant admettre que cette menace latente fait de plus en plus partie intégrante de notre quotidien, plus encore lorsque l’on est actif au sein d’un réseau ferroviaire qui brasse des milliers de personnes chaque jour et est considéré comme une cible potentielle. Ainsi, les témoins rapportent que des accompagnateurs de train, sans doute sous le choc, face à la situation, semblaient perdus, sans savoir s’il était nécessaire de fermer ou pas les portes des wagons, de faire démarrer le train en urgence, de déclencher une alarme de sécurité, etc., tandis que le terroriste, après avoir activé un engin explosif, tentait de rejoindre le train à quai. À nouveau, sans vouloir les pointer du doigt, quand on tente d’analyser, après coup, les conséquences éventuelles qu’aurait pu avoir le comportement des agents SNCB si le terroriste potentiellement armé avait pu rejoindre un wagon et s’y confiner avec des navetteurs, on réalise que leur rôle doit être encadré.

1. Les membres du personnel font-ils l’objet de séances d’informations, de prévention ou de formations spécifiques en lien avec la menace terroriste? 2. Avez-vous prévu de mieux encadrer et préparer ces travailleurs en cas de situations de crise? 3. Existe-t-il des consignes précises d’interventions destinées aux travailleurs de la SNCB afin de gérer au mieux une telle situation d’urgence?

 

Réponse du Ministre de la Mobilité

En réponse à la question posée, j’ai l’honneur de communiquer ce qui suit.

Avant toutes choses, il me semble important de clarifier les faits qui se sont déroulés le 21 juin 2017 à la gare centrale de Bruxelles.

Le premier signalement d’une possible explosion à Bruxelles-Central est parvenu au Security Operations Center (SOC) de la SNCB à 20h44. Il a immédiatement été décidé d’arrêter la circulation ferroviaire en direction de la jonction Nord-Midi et de sortir l’ensemble des trains de la jonction Nord-Midi. Dans le même temps, toutes les personnes présentes dans la gare avaient aussi été évacuées, soit de leur propre initiative, soit sur instance des militaires et agents de sécurité SECURAIL qui étaient présents. A 20h46, l’auteur était neutralisé. Tous les trains ont quitté Bruxelles-Central à 21 heures et la fin de l’évacuation de Bruxelles-Central (trains et voyageurs) a été confiormée à 21h06.

A aucun moment lors du déroulement de cette évacuation, il n’y a eu de chaos, d’indécision ou d’incertitude, ce ni dans la gare, ni dans les trains.

  1. Aussi bien HR Rail que la SNCB et Infrabel ont pris des initiatives appelant le personnel à être vigilant et des campagnes sont en cours afin de rappeler quels sont les réflexes à acquérir en cas d’attaque.

Les agents de sécurité ont reçu dans le cadre de leur formation permanente des cours visant par exemple à effectuer un sweeping (balayage de sécurité), à assurer un périmètre de sécurité et une bonne canalisation du public en cas d’alerte, à communiquer efficacement en cas de crise, à donner les premiers soins en cas d’attaque, ..

Les autres catégories de personnel n’ont pas encore reçu de formations liées au terrorisme à proprement parler. La SNCB a néanmoins prévu un « volet formation » dans son plan interne de lutte contre le terrorisme et des formations sont d’ores et déjà planifiées, notamment pour le personnel de quai.

  1. Les interventions à proprement parler en matière de terrorisme incombent en premier lieu aux services de police, soutenus actuellement par l’armée. Cela ne signifie pas que le personnel des chemins de fer ne doive pas agir de manière spécifique à son niveau dans une situation de crise.

Outre les formations permanentes dispensées au personnel, un ‘Return of Experience’ (REX) a lieu avec les différentes catégories de personnel après chaque incident majeur. Des exercices pluridisciplinaires ont également déjà été organisés et devront se multiplier à l’avenir.

  1. Le Plan d’Intervention et d’Urgence interne de la SNCB a été modifié en concertation avec Infrabel, afin de prévoir un volet spécifique lié au terrorisme. Des consignes ont déjà été diffusées, comme celle relative aux bagages abandonnés et colis suspects.

De manière générale, il serait intéressant d’avoir une réflexion plus globale quant à la sensibilisation des citoyens dans leur ensemble à la question des réflexes et des gestes pertinents à avoir en cas d’attaque. Cette réflexion devrait être menée dans tous les domaines étant donné le climat de menace permanente auquel de nombreux pays européens, dont la Belgique, doivent faire face.