La politique d’hygiène pas respectée dans tous les hôpitaux

030324-N-6077T-001 The Arabian Gulf (Mar. 24, 2003) -- Medical personnel work diligently on a wounded U.S. Marine inside the Casualty Receiving Area, (CASREC) aboard the Military Sealift Command hospital ship USNS Comfort (T-AH 20). The Comfort is deployed in support of Operation Iraqi Freedom, the multi-national coalition effort to liberate the Iraqi people, eliminate Iraq's weapons of mass destruction and end the regime of Saddam Hussein. U.S. Navy photo by Photographer's Mate 1st Class Kevin H. Tierney. (RELEASED)

Question orale de Madame Nawal Ben Hamou, Députée Fédérale, à la Ministre de la Santé Maggie de Block, sur l’hygiène dans les hôpitaux.

Madame la Ministre,

L’hygiène dans les hôpitaux est primordiale pour assurer la santé des patients, souvent plus fragiles aux infections bactériennes. En effet, les infections nosocomiales contractées dans les hôpitaux, tuent plus de personnes que les accidents de la route. Les hôpitaux belges ont donc le devoir de mettre sur pied une politique d’hygiène pour prévenir aux maximum ces infections, souvent mortelles.

A ce sujet, l’institut de Santé Publique a publié pour la deuxième fois un rapport notant les mesures d’hygiène prises par les hôpitaux. Il en ressort que 70% des hôpitaux ont aujourd’hui une politique d’hygiène contre seulement 39% en 2013. 68% des hôpitaux ont aussi augmenté la surveillance des infections en soins intensifs contre 52% il y a trois ans. Un constat relativement positif en termes d’améliorations, mais qui met en lumière le fait que 30% des hôpitaux ne respectent pas de politique d’hygiène. Ce qui reste très important à nos yeux.

Autre part, des améliorations sont encore possibles et nécessaires.Selon l’Institut de Santé Publique, il faudrait créer un système de contrôle externe de l’hygiène dans les hôpitaux. Ceci dans l’objectif de diminuer le nombre d’infections nosocomiales.

Madame la Ministre,

  • Comment encourager les hôpitaux à mettre sur pied une politique en matière d’hygiène? Comment expliquer que 30% d’entre-eux ne disposent pas d’une politique d’hygiène?
  • Et quelles mesures supplémentaires pourraient être prises pour améliorer l’hygiène dans les hôpitaux et ainsi réduire le nombre d’infections nosocomiales qui y sont liés?
  • Un système de contrôle indépendant pourrait-il être créé pour analyser l’hygiène en milieu hospitalier?

Je vous remercie pour vos réponses.

Réponse de Maggie de Block, ministre de la Santé 

Les résultats du rapport publié montrent qu’il n’y a pas de corrélation entre les scores moins favorables et un isolement géographique.

Il est important de noter que la mise sur pied des plateformes régionales d’hygiène a justement eu pour objectif de permettre aux hygiénistes d’une même zone géographique de travailler ensemble à des thématiques communes. A noter également que les petites institutions ont un financement (1 ETP infirmier et 0.5 ETP de médecin hygiéniste) qui permet d’exercer l’ensemble des missions prévues par la législation. Les hôpitaux identifient les éléments à améliorer et la façon de les améliorer individuellement ou au sein des plateformes régionales d’hygiène.

La plateforme fédérale d’hygiène se réjouit avant tout du progrès réalisé par les institutions hospitalières belges en termes d’hygiène des mains grâce aux campagnes nationales et aux investissements complémentaires des hôpitaux, progrès dont témoigne la diminution très importantes de l’acquisition nosocomiale de MRSA en parallèle. La comparaison des résultas hygiène des mains entre les différents hôpitaux démontre que certains sont plus avancés que d’autres dans la substitution des solutions hydro-alcooliques à l’eau et au savon ou dans la généralisation de cette technique dans leur institution. Vous pouvez trouver plus de détails à ce sujet dans le rapport concernant la campagne nationale de promotion de l’hygiène des mains sur le site internet de l’Institut Scientifique de Santé publique (www.nsih.be)

La création du set d’indicateur par la plateforme fédérale d’hygiène hospitalière (BAPCOC) et l’ISP a justement comme premier objectif d’accompagner et mieux encadrer les politiques d’hygiène à l’hôpital. De même, le financement par la BMF des fonctions de médecin et infirmier hygiéniste sont également des incitants, ainsi que les plateformes fédérales et régionales. La Belgique est un des rares pays à disposer d’un financement spécifique pour la promotion de l’hygiène hospitalière.

Quasi tous les hôpitaux (97%) rapportent l’existence d’un plan stratégique d’hygiène pluriannuel. Pourtant 28% n’ont pas intégré ce plan dans le plan stratégique de l’hôpital, ce qui le rend moins visible au niveau de l’institution. Les experts estiment que cette visibilité elle-même constitue un moteur d’amélioration utile à mettre en place.

Des mesures supplémentaires au niveau du système pourraient être envisagées. Sur l plan du soutien aux structures en place, elles peuvent toucher au financement de l’équipe opérationnelle d’hygiène, à celui des stratégies dépistages de portage de microorganismes incriminés et des centres de références ou encore au Pay for Quality.

Sur le plan du fonctionnement interne, il s’agit de poursuivre l’amélioration des programmes existants par des incitations divers dont l’évolution dynamique du set d’indicateurs de qualité et les recommandations de préventions du Conseil Supérieur de la Santé, sans oublier les sociétés scientifiques, la BAPCOC et l’ISP.  

Des systèmes indépendants des directions hospitalières peuvent contribuer à fournir une mesure indépendante de la qualité du programme de prévention. Je réfère aux inspections d’hygiène et démarches d’accréditation et tiens à souligner que les entités fédérées sont également concernées puisqu’elles sont en charge des visites d’agrément des établissements hospitaliers.

La recommandation de l’ISP de mettre en place un système de validation externe actuellement inexistante est nécessaire avant tout pour garantir la comparabilité des données entre hôpitaux dans le cadre d’un système de score et de classement, mais pas directement pour améliorer les programmes de prévention entra-muros.