OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La marque Hema va proposer des vêtements pour enfants sans étiquette de genre

Question écrite de Madame Nawal Ben Hamou, députée fédérale, à Madame Zuhal Demir, Secrétaire d’état à l’Egalité des Chances, au sujet des vêtements sans étiquette de genre pour enfants.

Madame la Secrétaire d’Etat,

La marque de vêtement néerlandaise Hema va prochainement proposer dans ses magasins des Pays-Bas une collection de vêtements pour enfants sans « étiquette de genre ». L’objectif étant de permettre aux enfants de déterminer quels vêtements leur convient le mieux au-delà de la classification par genre et de l’éternel axe réducteur: les filles en rose et les garçons en bleu.

Si cette nouvelle collection a pour but bien évidemment d’augmenter le chiffre d’affaire de la marque, il n’empêche que le résultat est positif et surtout progressiste. En effet, les vêtements participent à la définition de la personnalité dès le plus jeune âge. C’est aussi un signifiant important  dans la question du genre, autant pour les personnes qui les portent, que pour celles qui regardent. Certains enfants peuvent sentir le besoin de choisir des vêtements qui ne leur correspondent pas pour justement ne pas se sentir montrés du doigt ou exclus.

Supprimer cette barrière du genre dans les vêtement représente donc un premier pas vers la reconnaissance du choix et de la liberté de construction de l’enfant. Surtout lorsqu’on voit que certaines marques n’hésitent pas à jouer sur l’hypersexualisation de la mode pour enfants…. L’égalité des genre peut donc aussi passer par des vêtements « désexualisés » et « sans genre » pour les plus jeunes.

Madame la Secrétaire d’Etat,

  • Que pensez-vous de cette initiative? Pourrait-elle être possible chez nous?
  • Comptez-vous encourager et soutenir cette pratique?
  • Une campagne de sensibilisation pour expliquer aux enfants (ainsi qu’aux parents) qu’ils peuvent choisir les vêtements qu’ils veulent, peut importe leur genre, sans avoir peur d’être jugés est-elle envisageable?

Je vous remercie pour vos réponses.

 

Réponse de Zuhal Demir, secrétaire d’état à l’égalité des chances 

 

Cette initiative a le mérite d’aider à lutter contre les stéréotypes de genre. La publicité, le marketing, la mode, etc., jouent en effet un rôle dans la construction de ces stéréotypes dès le plus jeune âge.
Je constate que la marque modifie son fonctionnement suite à des demandes de clients. Cela sous-entend que l’opinion publique a une plus grande conscience des effets des stéréotypes de genre dès l’enfance, et souhaite qu’un changement s’opère dans notre société à ce sujet. Par conséquent, une campagne de sensibilisation sur ce sujet précisément, ne paraît pas nécessaire.

En ce qui concerne l’hypersexualisation des enfants, c’est une question que relève de la compétence de mes confrères en charge de l’égalité des chances au sein des entités fédérées.