La ligne « anti-radicalisme » pose question

 

Question de Mme Nawal Ben Hamou au vice-premier ministre et ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, chargé des Grandes Villes et de la Régie des Bâtiments, sur « la ligne verte ‘antiradicalisme' » (n° 3519)

 Nawal Ben Hamou (PS): Dans le prolongement du plan anti-terrorisme lancé par le gouvernement, plusieurs voix se sont fait entendre en faveur d’un numéro vert national à disposition de toute personne inquiète de certains signes de radicalisation provenant d’un membre de son entourage. Sur le fond, s’il me semble que l’idée d’une telle structure de coopération entre les citoyens et les autorités pourrait être pertinente comme outil de redirection vers les services compétents, il me paraît indispensable d’encadrer cet outil afin d’éviter de graves dérives. Envisagez-vous effectivement la mise en place d’un tel dispositif au niveau fédéral? Les critères qui justifieraient un appel sur cette ligne sont-ils clairs ou directement liés à la subjectivité des citoyens inquiets? Qui aura la charge de réceptionner les appels, de les trier et de les rediriger? Du personnel spécifique sera-t-il formé pour gérer la réception de ces informations? Les informations émanant de ces appels constituent-elles une suspicion suffisante pour déclencher par la suite une procédure d’investigation? Considérant que de nombreux dispositifs en matière de prévention sont mis en place par les Régions, les Communautés et les entités locales, quelle coopération est-elle prévue entre ces différents niveaux de pouvoir?

Jan Jambon, ministre: Différentes propositions ont déjà été formulées. Comme les Communautés et les Régions sont demandeuses d’une telle initiative, je pense qu’il faudrait travailler en commun avec les entités fédérées. C’est la raison pour laquelle nous avons inscrit ce point en priorité à l’ordre du jour de la plate-forme radicalisme du comité de concertation. Ce comité se réunit chaque mois et les ministres concernés par la question participent à la plateforme radicalisme du comité. La prochaine réunion aura lieu dans les semaines qui viennent et ce point sera à l’ordre du jour. Le gouvernement fédéral se chargerait de la mise en œuvre de cette initiative en concertation avec les Communautés et les Régions.

Nawal Ben Hamou (PS): Je pense que cet outil est indispensable. En effet, les familles sont demandeuses d’avoir un outil qui les aide quand elles décèlent que l’un d’entre eux déraille. Ce qui m’inquiète particulièrement, ce sont les dérives qui pourraient découler de l’utilisation de cette ligne téléphonique, avec des dénonciations discriminatoires. J’ai des craintes à ce niveau. Il faudrait s’assurer que cela soit bien encadré, avec des normes légales.

Jan Jambon, ministre: Vous avez tout à fait raison. Mon opinion, que je défendrai devant les Communautés et les Régions, est que nous pouvons organiser cette ligne téléphonique mais que le personnel devrait provenir d’organisations non gouvernementales (ONG) et non de l’État. Ce que nous pouvons et devrons faire, je pense, c’est former les personnes qui travailleront pour cette ligne téléphonique, fournir le matériel, etc. mais cela devra être géré par une ONG.